Compte-rendu du petit déjeuner du FFFOD du 13/12/2000

Le marché de la Formation sur le Web
Les acteurs, l'offre, les technologies et les prix.

Au cours d'une présentation à deux voix, Pierre Fabre (CFPB) et Sylvain Phelippeaux (Edubyweb) ont éclairé le territoire bouillant du "e-learning" qu’ils préfèrent qualifier de "formation étendue".

Après quelques données sur le nombre et le type d'Internet aux USA et en Europe, après un rappel sur la pertinence d'une technologie simple associée à une réelle plus-value pédagogique, les intervenants ont souligné que l'âge de maturité de la formation sur le Web n'était pas encore atteint. Il s'agit d'un marché "qui pousse à la faute" dans le sens où il est aujourd'hui risqué de se lancer sur ce secteur, et que en même temps, on sent bien qu'une véritable évolution des enjeux sur le champ des acteurs de "Edu-formation" est en cours .... !

Les modèles économiques de déploiement de la formation via Internet ne sont pas stables et dépendent largement du positionnement des acteurs qui se lancent dans cette activité ; les universités (essentiellement anglo-saxonnes), les entreprises (plutôt de grande tailles), les acteurs du monde scolaire, les acteurs technologiques, les géants des médias et les sociétés (start-Up) qui créent des portails de téléformation. La diversité des acteurs et de leur stratégie d'alliances tous azimuts ont très vite montré que seule une approche par niche pouvait donner une cohérence à ce secteur : formation des cadres dirigeants au plan mondial (Stanford et autres...), formation des salariés par des Intranets de téléformation (Intranoo de France Telecom et toutes les Corporates Universities) ou formation plus large sur des secteurs pointus tels que la bureautique et les langues (Portails de téléformation).

La notion de portail, comme espace Internet d'orientation et facilitateur d'accès aux formations, a permis d'aborder les stratégies de développement du e-learning sous aspect "B to B" (Business to Business), puis "B to C" (Business to Consumer), et enfin "C to C " (Consumer to Consumer). Les grandes entreprises seraient assez réticentes à s'ouvrir vers des prestations extérieures, préférant développer leur propre Intranet de téféformation, non seulement pour des raisons de sécurité, mais aussi pour des raisons plus stratégiques de partage des connaissances (Knowledge Management). La logique "B to C" (des entreprises vers le consommateur qu'il soit individuel ou salarié dans le cadre des 35 heures, par exemple) ne semble pas prendre. La formation sur Internet pose très vite le problème des capacités d'autoformation et de gestion de la motivation à distance. L'achat impulsif ne se concrétiserait pas ! L "Educommerce" ne semble pas véritablement prendre, sans un investissement important et adéquat dans l'accompagnement de l'apprenant. Aujourd'hui, c'est la logique de ¨pair à pair¨ (Peer to Peer) qui émerge au travers de l'activité d'échanges de savoirs de nombreux sites de téléformation plus ou moins gratuits sur des domaines extrêmement variés.

Au final, il est clairement apparu qu'aucun modèle "gagnant" ne pouvait être facilement dégagé, tant sur le plan technologique que sur le plan pédagogique. Pour éviter un avis de tempête probable du à un surinvestissement de type marketing sur la Web-formation, il est apparu nécessaire que chaque acteur, présent ou actif sur ce champ, repère les partenariats potentiels pour développer des prestations de type hybride. Ces prestations pourront être modulées tant sur la forme (synchrone - asynchrone et on line - off line) que sur le fond, c'est-à-dire un travail sur une logique industrielle de contenu pédagogique (problème de standardisation) ou un travail sur une logique de service pour l’apprenant (problème de certification des i-prestations).

Jean Vanderspelden IOTA+./ORAVEP - iota.jvds@app.tm.fr

| Haut de la page | Retour |