Pourquoi une conférence de consensus ?  

La question des formations ouvertes et à distance (FOAD) fait l’objet de multiples colloques, rapports et discours depuis plus d’une dizaine d’années. L’essor de cette notion est lié à la montée de plusieurs phénomènes : diffusion des technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble du tissu social et professionnel, accroissement des besoins de compétence face à des effets de seuil dans les financements publics et privés de la formation, démultiplication des réseaux d’accès à l’information, critique des formes canoniques de la formation, poussée des thématiques de l’organisation apprenante, de l’autoformation et de la société dite " cognitive ", etc.

Si les enjeux du développement de nouvelles modalités de développement des compétences sont aujourd’hui reconnus dans la plupart des milieux sociaux et professionnels, la mise en place de dispositifs dits " ouverts et à distance " reste modeste eu égard aux besoins affichés. Ce thème reste l’objet de débats contradictoires, où le souci de rigueur voisine avec les affrontements idéologiques. Au cœur de ces débats, la discussion sur les modalités d’accompagnement pédagogique des FOAD occupe une place importante. Les questions des nouveaux rôles des formateurs, de la place de l’apprenant, de la portée et des limites des technologies, de l’ingénierie, etc. donnent lieu à de fréquentes incompréhensions.

C’est pour progresser dans le traitement de ces questions qu’a été prise l’initiative de réunir une conférence de consensus. La pratique des conférences de consensus s’est développée dans le milieu médical, pour faciliter le traitement de questions et de polémiques liées à des questions thérapeutiques complexes. L’adaptation de cette procédure à la question qui nous occupe s’est faite en plusieurs phases, sur une durée totale réduite à 4 mois (décembre 99 à mars 2000). Après avoir réuni 4 organisations porteuses (APRIEF, DGER, FFFOD, ORAVEP), les responsables scientifiques ont co-opté une vingtaine d’experts reconnus pour leurs contributions aux questions de FOAD, dont 15 ont participé à l’ensemble de la démarche (la liste des participants figure en dernière page du présent document). Deux séries de questionnement de plus en plus précis ont permis d’aboutir à une liste de thèmes traités lors d’un séminaire résidentiel de 3 journées. Les résultats du séminaire sont présentés dans le présent document (dit " texte court "), et font l’objet du consensus à proprement parler. Les documents préliminaires écrits par l’ensemble des participants font l’objet d’un second rapport (dit " texte long ").

Nous espérons que l’ensemble de ce travail, qui représente une " première " sur le plan méthodologique sur le champ de la formation, formera une contribution efficace aux progrès des formations ouvertes et à distance en France.

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