Rencontre-débat de 16h00 à 18h00

 

Dispositif de formation en réseau en zone rurale

 

Intervenants: Mme Odile DEBLIQUI - Responsable de l’A.P.P. de Baugé

Atelier de Pédagogie Personnalisée de Baugé

M. Lionel GABORIT par visioconférence - A.P.P. Les Herbiers

Animation : M. Michel TETART - IOTA+

Le réseau des APP - Ateliers de Pédagogie Personnalisée se développe sans cesse depuis 1986 ; il existe actuellement 460 APP et 300 antennes délocalisées, en France et dans les DOM. Certains APP ont mis en place, à l’aide des nouvelles technologies d’information et de communication, des réseaux permettant aux personnes éloignées des structures de bénéficier elles aussi de prestations de formation.

Les APP - Ateliers de Pédagogie Personnalisée sont un réseau préexistant aux nouvelles technologies. Les APP ont une activité de formation générale, ouverte à tout public. Les prestations y sont à la carte en fonction du projet de chaque apprenant. Le réseau des APP s’est développé de manière significative depuis 1986 et aujourd’hui on dénombre 460 APP et 300 antennes, ce qui porte le nombre de sites de formation, en France Métropolitaine et dans les DOM, à 760.

En 1997, les APP ont formé 147 000 personnes de niveaux très divers allant de gens proche de l’illettrisme à des personnes ayant un niveau bac + 2, voir bac + 3. La diversité joue aussi au niveau du statut puisque les APP accueillent aussi bien des demandeurs d’emploi que des salariés. Les commanditaires sont eux-mêmes différents. Même si l’on retrouve l’état au premier rang, gardien du cahier des charges et principal commanditaire, il ne faut pas oublier les régions, les entreprises et les collectivités locales. L’objectif de ce réseau qui compte 3000 à 4000 formateurs est de mobiliser ses acteurs, leurs compétences, leur intelligence, avec des partenariats locaux, pour chercher la réponse de proximité la plus efficace face aux publics demandeurs.

Mme Odile DEBLIQUI, coordinatrice de l’APP de Baugé témoigne du système mis en place dans une région rurale.

L’APP de Baugé est situé dans le département du Maine-et-Loire qui en compte 5 en tout et dépend de la région des Pays de la Loire. Sa structure repose sur un support associatif : un comité d’expansion économique local. Baugé est à la tête d’un réseau sur une commune de moins de 4000 habitants, composé de 4 antennes délocalisées sur des communes encore plus petites. La préfecture étant loin et les voies de communication étant encore peu étoffées, les gens ont besoin de relais locaux.

L’APP de Baugé, se sont donc 5 lieux de formation en milieu rural. Chaque site a son F.R.A. : Formateur Responsable d’Antenne dont le rôle est d’être le référent local. L’équipe est formée de 9 personnes à temps partiel équivalent à 6 temps pleins, à la fois secrétaires et formateurs. Chaque matière enseignée est représentée par 2 formateurs.

La nouvelle fonction des FRA est d’être utilisateur des nouvelles technologies de communication dans le cadre de formations ouvertes et à distance. On utilise les NTIC pour un accompagnement pédagogique mais aussi administratif. L’accompagnement pédagogique consiste en un suivi du travail par rapport à la mise à disposition d’outils : papier, crayons, portables. Les apprenants disposent d’une aide à distance, des réponses sont fournies immédiatement à leurs questions par l’intermédiaire de la visiophonie, du fax ou du téléphone. Voilà le système mis en place en 1996.

Au niveau matériel, l’APP dispose de 5 postes de visiophonie qui fonctionnent sur 12 lignes téléphoniques normales. L’investissement matériel représentait 10% du budget.

Le fonctionnement est très simple : lorsque l’antenne de Longuet est demandeur, la formatrice se met en connexion avec Baugé et passe la main à l’auditeur qui travaillera avec le formateur du site de Baugé à distance. La relation se fait via une caméra dont l’avantage est de ne pas travailler dans anonymat.

Entre le moment où le projet a été monté et celui où le matériel a été livré s’est écoulé un an. Aujourd’hui cela fonctionne et les craintes des responsables se sont un peu dissipées : l’utilité et l’intérêt du projet pour la région a été reconnu.

Mais la formation ouverte et à distance ne se limite pas uniquement à la visiophonie. Il y a bien sûr les 5 sites qui sont également des lieux de formation, le travail à domicile, le prêt gratuit du portable à domicile ... Un partenariat s’est également développé avec l’AFPA : l’APP de Baugé met à la disposition de l’AFPA les locaux, en contre partie l’AFPA met à disposition ses outils d’enseignement à distance : cela permet de proposer d’autres domaines de formation : électricité, physique-chimie.

Mais pour l’instant le réseau est un échange entre les 5 lieux exclusivement, la communication et l’échange avec l’extérieur est impossible ; mais le projet est en cours.

M. Lionel GABORIT : Ce qui est important, ce n’est pas de mettre en place des outils très sophistiqués, mais en premier lieu d’analyser la situation sur le terrain en essayant de voir quels sont les besoins réels. En Vendée nous avons essayé de voir ce qui était le plus opérationnel, en tenant compte de deux facteurs : ce que nous pouvions mettre en place et dans quelles conditions utiliser ces outils - dans notre cas des portables. Il est important de se demander quels sont les besoins réels de chaque région et quels sont les outils les plus appropriés.

La structure d’ANTENA est une association du nord Vendée, sur un bassin d’emploi à 80 Km de Nantes et à 80 Km des Sables d’Olonnes. C’est une structure en amont de la formation, c’est à dire qui organise tout un travail d’information sur les formations dans les réseaux MIF ou inter MIF, au niveau de la formation professionnelle, et au niveau des réseaux comme celui des APP. ANTENA développe également le multimédia pour mettre en place les nouvelles technologies sur une zone rurale, avec des services en direction des entreprises et des collectivités locales.

Mme Paule VAUTIER, coordinatrice des APP des Herbiers, précise qu’étant en zone rurale, le souhait de cet APP était avant tout de renforcer l’individualisation, par l’utilisation des nouvelles technologies, et de donner un plus aux stagiaires. Le fait d’être en zone rurale occasionne des déplacements pour les stagiaires. Comment pouvait-on limiter les coûts pour les stagiaires tout en proposant une formation de qualité ? En 1994, l’APP est entré dans le dispositif régional des formations ouvertes et à distance en mettant en place l’utilisation d’outils de nouvelles technologies : prêt de portable, fax, cassette vidéo.

L’idée de mettre des portables à la disposition des stagiaires était une idée originale, mais a nécessité une adaptation des supports pédagogiques donc un travail plus important de la part des formateurs : il fallait imaginer toutes les situations dans lesquelles le stagiaire pourrait se trouver en difficulté, avec toujours un tutorat par téléphone.

Une formation en informatique/bureautique d’une vingtaine d’heures permet au formateur d’évaluer la capacité d’autonomie du stagiaire. Ensuite sont alternées les sessions en centre et les sessions hors centre avec 4 à 8 heures de travail.

Mme Michelle DRONCHONT, stagiaire en bureautique, témoigne : " Très vite j’ai eu droit au prêt d’un portable. Je dois dire que cela m’a personnellement bien rendu service. On peut fournir un travail de qualité, intéressant et formateur. Cela m’a permis de terminer le travail que me demandaient les formateurs sans trop de difficultés. J’habite à 30 Km des Herbiers et il est très intéressant pour moi de pouvoir travailler 8 heures à domicile avec le portable. Bien entendu un portable n’est pas aussi performant qu’un PC, et au centre on a l’avantage d’avoir les formatrices " sous la main " lorsqu’on a un problème ".

M. GABORIT : On peut envisager de fonctionner sur un système de formation qui utiliserait les nouvelles technologies. Cette idée est envisageable à condition de mettre en place une plate-forme commune. La seule plate-forme commune dont on dispose pour l’instant est Internet, or techniquement ce n’est pas satisfaisant.

Odile DEBLIQUI : L’APP de Baugé n’est pas sur Internet, parce qu’il n’en a pas fait la demande aux responsables. Mais lorsque les statistiques apparaîtront sur Internet la 1ère pierre aura été posée : pour nous c’est la voie royale.

Lionel GABORIT : en formation ouverte et à distance, le CNAM travaille depuis 1989 avec son télé-site : les personnes viennent en fonction de leur projet pour se former en comptabilité ou en informatique, ou toute autre matière du programme du CNAM de Nantes. Le principe est donc de faire avec un site de téléchargement des cours et des exercices, on bénéficie d’un tutorat à distance et d’un télé-site quand il y a plusieurs personnes pour le même cours sur différents sites. Le formateur est alors à l’écran et présente son cours par téléphone. C’est un cours à distance avec une pédagogie traditionnelle. Il faut souligner que nouvelle technologie ne signifie pas forcément innovation pédagogique. Avec le projet de basculer en septembre sur Internet, l’idée est de proposer toutes les formations, APP, CNED, CNAM sur une même plate-forme avec les mêmes outils.

L’autre projet en lien avec Baugé est de partager grâce aux outils de visioconférence les compétences entre organismes de formation. Le CNAM a des besoins en biologie notamment et nous-mêmes n’avons pas besoins de formateurs en permanence. Puisque Baugé dispose d’un formateur en biologie, ses compétences seront utilisées. Ce seront des interventions par visioconférence.

Paule VAUTIER : Le projet est né du besoin de donner une réponse rapide et adaptée aux demandeurs d’emploi de cette zone, sans être obligé de les renvoyer sur la Roche ou Cholet. Compte tenu de l’expérience de Baugé en formation ouverte et à distance, les Herbiers les ont sollicités puisque les formateurs avaient déjà une expérience pédagogique propre à l’enseignement à distance, à savoir ne pas être forcément en face à face pédagogique. C’est pourquoi nous parlons de partage de compétences. Mais cela doit rester une aide ponctuelle par visioconférence.

Les Herbiers ont également participé à un projet de formation en langue, notamment en anglais. Des visioconférences ont été organisées entre les apprenants des Herbiers et ceux de Nancy. Le résultat a été très positif car la visioconférence est alors considérée comme un temps fort et motive les apprenants. Mais une visioconférence ne s’improvise pas, elle demande une préparation et une mobilisation très importante.

Lionel GABORIT : Un projet de formation a également été déposé dans le cadre du programme européen LEONARDO : 10 formateurs APP se rendront soit aux Pays-Bas, soit au Pays de Galles pour préparer des séquences pédagogiques par visioconférence avec leurs collègues étrangers. Les modules envisagés sont l’anglais et la culture générale. L’idée est de créer grâce à Internet et par système de visioconférence, des séquences pédagogiques entres ces pays et les APP au niveau national.

Paul VAUTIER : Les APP sont vraiment un vivier de richesses humaines, on rencontre des personnes qui sont réellement motivées, avec beaucoup d’idées. La souplesse du dispositif permet à ces personnes de mettre en place leurs projets sans être bloquées par les strates hiérarchiques.

Odile DEBLIQUI : Une entreprise qui emploie 2 à 3 salariés ne peut pas se permettre de les envoyer à 70 Km pour suivre une formation. Il faut mettre en place des relais locaux. Avec les NTIC, le centre servira de centre de ressources mais la formation se fera à distance.

Et pour conclure très brièvement, Mme DEBLIQUI précise que, à court ou moyen terme, il faudra s’attendre à ce que d’autres publics avec d’autres besoins apparaissent ...

Rédaction : FFFOD

| retour au programme |