Rencontre-débat de 16 h 00 à 18 h 00

Apprendre mieux le Français (langue non maternelle) avec les NTIC ?

Intervenants :

Mme Vanessa DELPLACE - NEUROCONCEPT

Mme Jennifer LEPARMENTIER - AURALOG

Mme Angéline MARTEL - Télé-université du Québec

M. Gilles BRETON - Directeur Pédagogique à l’Alliance Française

Par visioconférence de Montréal :

M. Marc CHEYMOL - AUPELF - UREF

M. Claude GERMAIN - Directeur du Département Linguistique de l'UQAM Université du Québec à Montréal

M. Michel LAURIER - Responsable du Français Langue Seconde à la Faculté des Sciences de l'Education de l’Université de Montréal

Animation : Mme Sally O'FARRELL - Vice-présidente du FFFOD

La réussite du mariage entre l’enseignement du Français en langue non maternelle et les nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication passe par une réflexion méthodologique et pédagogique poussée de tous les acteurs impliqués.

Les enseignants comme les élèves doivent se sentir à l’aise avec ces nouveaux outils et ne pas les vivre comme une contrainte. Le défi est d’intégrer les nouvelles technologies dans la classe de langue sans la transformer en un espace trop technique. La recherche active des ressources qu’impliquent les réseaux comme Internet ou Intranet présente l’avantage de développer l’autonomie et l’initiative des élèves, deux qualités essentielles dans l’apprentissage des langues. Mais cela influe également sur l’inventivité et l’initiative des professeurs qui peuvent intégrer les ressources mises à disposition sur le Web dans la préparation d’un cours et doivent développer un sens critique à l’égard des logiciels qu’on leur propose avant leur utilisation en classe. De plus, le professeur est amené à redéfinir sa place dans la classe face à des NTIC qui ont tendance à transformer l’élève en magicien autodidacte.

Pour illustrer le thème de l’enseignement du FLE, deux société sont venues montrer au public quels étaient les derniers outils dont peuvent disposer les enseignants. La société NEUROCONCEPT (http://www.neuroconcept.com) produit des scénarios pédagogiques intégrant des séquences vidéo avec questions. Son outil SPEAKER permet aux enseignants d’écrire des cours, et un module de parrainage incite les apprenants à emmagasiner un maximum d’informations en proposant un lien direct avec le Web.

La technologie de la reconnaissance vocale a également été mise à profit dans la conception des CD-Rom comme c’est le cas de l’outil " Tell me more " mis au point par la société AURALOG. Le problème que pose encore ce type d’outil est la " révolution psychologique " qu’il faudra effectuer : c’est certainement plus difficile car la technologie avance à un rythme tel que l’homme n’a plus de temps d’adaptation. Le décalage avec l’utilisation effective des techniques du multimédia reste pour certaines personnes énorme.

L’Alliance Française est un réseau de 1058 implantations réparties dans 138 pays. Au Brésil, par exemple, l’Alliance Française est un partenaire important : les relations économiques avec la France impliquent la connaissance de la langue. A l’Alliance Française de San Paulo, précise Monsieur Gilles BRETON, le CD-Rom joue désormais un rôle essentiel dans l’apprentissage du Français Langue Etrangère et occupe deux à trois heures de travail quotidien. Les seize étudiants sont alors divisés en quatre groupes pour travailler sur un objectif précis. Et chaque groupe de quatre travaille sur l’ensemble des supports proposés en atelier. Le problème qu’il reste à régler est celui de l’évaluation...

Madame Françoise TAUZER-SABATELLI, Directeur du Département de Français langue étrangère et seconde CNED nous informe que le département Français Langue Etrangère forme 3000 à 4000 personnes par an. Il permet aux adultes étrangers d’apprendre ou de perfectionner le français usuel ou professionnel et aux professeurs de français de se former ou de se recycler en méthodologie.

Le matériel utilisé est un matériel multisupport : papier, audio, vidéo, services par correspondance ou par Internet. A coté des cours traditionnels de français sont proposés des cours de perfectionnement à la langue et à la culture ainsi qu’un perfectionnement en français professionnel : médecine, gestion et commerce, droit, langue diplomatique, agronomie, maths-physique. Aux enseignants du Français langue étrangère est proposé un cours de perfectionnement en langue et méthodologie ainsi que la préparation au Diplôme d’Aptitude à l’Enseignement du FLE.

Un service on-line est à la disposition des apprenants et les logiciels proposés distinguent utilement le Français professionnel du Français usuel.

Pour Monsieur Claude GERMAIN, les professeurs sont eux aussi mis à l’école des NTIC et sont invités à faciliter la transition de l’enseignement traditionnel à l’apprentissage, qui implique le développement d’une grande autonomie chez leurs élèves.

M. GERMAIN s'intéresse à la fois à la recherche empirique et théorique. D'une part, il travaille à la mise au point d'un modèle de description de l'enseignement des langues: ASHILE (Analyse de la structure hiérarchique de leçons), à partir d'enregistrements audio de classes de langue seconde. Grâce au modèle ASHILE, il espère en arriver à distinguer ce qui, dans tout enseignement, appartiendrait à des structures universelles (de nature hiérarchique) ou au culturel. D'autre part, il s'interroge sur le statut épistémologique de la didactique des langues, des sciences de l'éducation et de l'interdisciplinarité.

Pour Mme Angéline MARTEL il est important de trouver un niveau de collaboration efficace pour tous : les réseaux tout comme les outils multimédia classiques feront partie de l’enseignement dans un futur proche ; reste à régler le problème de l’intégration et surtout de faciliter l’accès à tout contenu, où qu’il soit.

Depuis ces trente dernières années, la demande d’apprentissage en autonomie au Québec a sans cesse augmenté, le public veut pouvoir se former sur mesure et aux moments qui lui conviennent. Et l’industrie qui a eu bien du mal à s’infiltrer dans le monde fermé de l’éducation y a vu et pris sa chance.

Au Québec les NTIC sont parfaitement intégrées dans l’enseignement et la formation, de même l’enseignement à distance est beaucoup plus développé qu’en Europe. Les étudiants ont la possibilité de suivre un certain nombre de cours par Internet.

L’Université du Québec à Montréal, UQAM, propose elle aussi des modules de Français langue seconde sous forme de différents ateliers : de conversation, de grammaire, d’informatique, de créativité et également Internet pour permettre aux étudiants de communiquer avec des étudiants d’autres universités.

Il est claire que les personnes demandeuses de formations en FLE exigent de plus en plus " l’utilisabilité " et la rentabilité immédiate de ce qu’elles vont apprendre. La demande est celle d’un véritable service d’interaction, d’expertise, d’évaluation et de documentation. Des missions sur lesquelles les NTIC sont devenues opérationnelles et concurrentielles.

Dans ces conditions, l’enseignant s’efface au profit du tuteur, du " conseiller en autonomie ", qui a pour fonction d’apprendre à apprendre. Il n’est plus omniprésent physiquement mais présent virtuellement à des moments précis, en ligne où par messagerie interposée.

Cependant l’enseignement du FLE veille à ne pas isoler l’apprenant dans sa démarche d’apprentissage. La classe en temps que mieu de rencontre et de regroupement est toujours appréciée, elle est importante pour la motivation de l’élève qui a besoin du groupe pour se sentir encadré et stimulé.

Autre limite du système : alors que les besoins en formation initiale concernent des milliers d’individus, pauvres et peu informés pour la plupart, ces nouveaux lieux d’accès au savoir francophone accueillent essentiellement des scolaires, universitaires, chercheurs et scientifiques. Pour l’instant, seul un média de masse simple et économique comme la radio ou la télévision sont en mesure de répondre à cette demande. Il faut développer une alternative.

Rédaction : FFFOD

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