Rencontre-débat du 25 mars 1999
Outils
informatiques, communication et formation à distance
des personnes handicapées visuelles : Etat des lieux
Longtemps après l'invention du braille, l'informatisation de la société dans les années 1980 a en partie ouvert le monde professionnel aux handicapés visuels (bureautique, standardisme assisté par ordinateur etc.). Les NTIC vont-elles initier une troisième révolution dans la vie et l'intégration de cette catégorie oubliée de la population ? A quelles conditions ? Quelles sont les possibilités et les limites actuelles d'une formation à distance adaptée aux personnes handicapées visuelles ?
Des centres de formation présentent des expériences de formation au télétravail et une entreprise présente une application grandeur réelle au télémarketing.
Rencontre-débat animée par :
- Mme Sally O'FARRELL, vice-présidente du FFFOD (Forum Français pour la Formation Ouverte et à Distance)
Intervenants :
- Mme Nathalie PARIS, directrice de la FIDEV et docteur en économie (par visioconférence depuis Lyon)
"Le rôle des pôles de ressources dans une insertion efficaces"
- M. Jacques SAGOT, formateur au CNEFEI (Centre National d'Etudes et de Formation pour l'Enfance Inadaptée)
"Introduction dans les programmes pédagogiques de l'acquisition des concepts transversaux de l'outil informatique"
- M. Fernando VALIENTE, du centre de formation professionnelle pour adultes de l'association Valentin HAÜY à Paris
"Evolution des réponses en terme de formation individualisée - Examen des différents accès aux réseaux"
- M. Alain STROÏSKY , du centre de formation professionnelle pour adultes de l'association Valentin HAÜY à Paris
- M. Daniel JACQUET, du GAIPAR à Clermond Ferrand
"Présentation du projet de formation au télétravail pour les personnes handicapées visuelles, mis en place dans le cadre du programme HORIZON"
- M. Jacques VALES, qui représente Pierre BREEM, Directeur régional de la clientèle des Trois Suisses dans le Nord-Picardie
"Expérience d'une plate-forme de télévente et téléconseil adaptée pour les personnes handicapées visuelles"
- Mme Elisabeth SIMARD et Mme Marie-Laure SOUPLET, du centre de formation professionnel Paul GUINOT
"L'informatisation des cabinets de kinésithérapie : le point sur une étude portant sur la télétransmission et réalisée dans le cadre du programme ADAPT "A.P.T.E." (Adaptation au Poste de Travail en Entreprise)"
- M. Michel BRIS, formateur au CNEFEI (Centre National d'Etudes et de Formation pour l'Enfance Inadaptée) à Suresne.
"Méthodologie d'une base de données de dessin tactile modulable ; démonstration d'un multimédia audiotactile"
Mme PARIS définit tout d'abord le centre ressource, le contenu et les moyens de ce type d'action puis les services de conseil, d'orientation et de réadaptation nécessaire à la réalisation de ce service. Le centre ressource recouvre deux dimensions en matière d'intégration en milieu ordinaire de formation : la première est temporelle, la seconde spatiale. Le centre ressource répond à l'impératif de pouvoir accueillir à tout moment le déficient visuel en demande de formation. Pour qu'un centre ressource soit efficace, il doit se situer au maximum au niveau régional (ici la région Rhône Alpes) pour offrir un service de proximité aux apprenants handicapés. Le centre ressource joue un rôle d'interface entre le sujet et le centre de formation en milieu ordinaire. Il se doit d'accompagner le déficient visuel, dans le respect de son projet professionnel. La personne reste au cur du dispositif, elle bénéficie d'un service à la carte, parfaitement adaptée à ses besoins identifiés en formation.
La FIDEV a été créée en 1984 par M. PORTALIER de l'université de Lyon 2, M. Claude DECORET du CNRS, M. JALAD du Ministère de l'Economie et des Finances et M. MADIL, président du Comité Louis Braille. Ayant constaté que 2/3 des déficients visuels ont un niveau inférieur ou égal au CAP, il était nécessaire d'améliorer le niveau et l'offre de formation afin de rendre possible leur insertion professionnelle. Ce type de service n'a été reconnu par les institutions que très tardivement. C'est chose faite aujourd'hui. Le contexte institutionnel a aussi évolué dans un sens moins favorable : la globalisation des crédits implique une réintégration des déficients visuels au sein de l'ensemble des publics défavorisés. Ils ne sont plus prioritaires.
Pour que la formation soit le passeport vers une véritable insertion professionnelle, elle doit coller aux besoins et aux contraintes du marché du travail. Il est par exemple important de confronter les déficients visuels au milieu des voyants dès le début de la formation en les envoyant en stages et en leur apprenant à travailler en CDI (avec assistance). La formation débute par une analyse de la demande et des compétences : prise en compte du cursus antérieur, évaluation de la déficience oculaire et de ses potentialités physiologiques, évaluation du niveau de lecture braille et des outils maîtrisés. Le formateur FIDEV accompagne ensuite le déficient visuel dans son milieu ordinaire de formation. Il discute avec les formateurs afin de les aider à adapter leurs méthodes à l'individu déficient visuel, en harmonie avec ses forces et faiblesses. Il prend également en charge l'adaptation des supports de formation (traduction en braille, enregistrement sur cassette, photocopies en relief, transcription des copies d'examen etc.). Pratiquant une activité de veille technologique, il est qualifié pour informer les formateurs sur les progrès et lacunes de chaque type d'outil multimédia, en toute transparence puisque la FIDEV ne vend aucun matériel informatique. Le taux de réussite des déficients visuels suivis par la FIDEV est de 82,2 %, dans des filières de plus en plus nombreuses.
Le coût moyen pour une personne est de 11 500 F. Ce type d'aide à la formation demande d'importants moyens, humains et technologiques. Les formateurs doivent être à la fois qualifiés et polyvalents (capacités techniques pointues). De nombreux ponts avec des associations et autres organismes de formation ont été établis. Le parc informatique, nécessairement très développé, a bénéficié de la générosité d'Hewlett Packard. Si l'intérêt des NTIC ne fait pas de doute, Mme PARIS déplore qu'Internet, formidable outil de communication, ne soit pas adapté à l'usage des déficients visuels.
Dans l'assistance, on s'interroge sur l'action de la FIDEV en faveur de l'insertion professionnelle des déficients visuels en Rhône-Alpes.
Des services complémentaires s'en chargent effectivement, répond Mme PARIS, la FIDEV tente de sensibiliser les entreprises de la région à la cause des déficients visuels. Pour les personnes qui réalisent leur insertion professionnelle, la FIDEV entre en contact avec le médecin du travail et le DRH, elle aide l'entreprise dans l'élaboration du cahier des charges et d'un plan de formation complémentaire. Elle veille à l'amélioration des conditions de sécurité et de la transmission des consignes de travail, conditions essentielles de l'aménagement du poste au salarié handicapé visuel.
M. SAGOT, formateur au CNEFEI, présente un documentaire sur l'intérêt et les difficultés des NTIC pour les déficients visuels. La première séquence montre une classe de Maths-sup à Lille : parmi une quarantaine d'élèves, Grégoire, déficient visuel, travaille avec une planche tactile. Il témoigne de son appréhension passée, quand il était sur le point d'entrer dans cette classe. Grégoire craignait notamment de ne pouvoir tenir le rythme, mais l'informatique s'est avérée salvatrice à ce niveau. Il utilise NOTBRAILLE pour la prise de note, le PC comme banque de données, le scanner pour transposer les imprimés en synthèse orale ou en note braille. Le coût de tous ces outils indispensables à son insertion est considérable : 100 000F.
La formation à l'informatique pour déficients visuels doit commencer le plus tôt possible. La deuxième séquence du documentaire montre une petite fille de six ans et son institutrice, penchées sur un PC. Elle apprend d'un coup d'un seul à lire, écrire et utiliser NOTBRAILLE. Son institutrice rend les leçons attrayantes en les truffant de jeux pédagogiques et de petites découvertes. Elle témoigne de l'intérêt de l'outil informatique dans l'apprentissage des connaissances de base : il permet de différencier les élèves puisque chacun peut travailler à son rythme. Apprendre à manier et surtout concevoir ce qu'est l'informatique demande une formation à part entière. L'organisation multifenêtrage de Windows est par exemple très difficile à comprendre pour les malvoyants.
La troisième séquence montre une jeune fille s'initiant à Windows avec un système de visualisation tactile. L'aspect loisir et découverte du PC multimédia contribue beaucoup à la motiver. Le formateur et l'instituteur doivent parfaitement maîtriser l'outil pour en faire saisir les arcanes à leurs apprenants.
M. VALIENTE décrit le quotidien de l'association Valentin HAÜY, qui assure trois types de formations individuelles qualifiantes aux personnes déficientes visuelles, souvent peu instruites : une formation à la masso-kinésie (cursus d'état), une formation à la communication, à l'accueil, à la bureautique ou au secrétariat, et enfin une formation au paillage et au cannage pour les apprenants de très bas niveaux scolaires. Cette dernière formation utilise peu les NTIC. L'association a pu se constituer un parc informatique important, d'une soixantaine de machine, mais il faut préciser, déplore M. VALIENTE, qu'il existe un retard systématique entre les innovations du marché de l'informatique et leur adaptation aux déficients visuels. Microsoft a fait de gros efforts dans ce domaine, contraint et forcé par l'Etat. Le coût de tout logiciel et de toute installation spécifique est considérable. Une plage tactile braille coûte par exemple 80.000 F. A ce jour, presque toutes les synthèses matérielles permettant de sortir l'information de l'écran de manière vocale peuvent être utilisées sur un matériel informatique classique. L'utilisation de la carte son et d'un logiciel de synthèse exige un matériel très rapide, performant et avec beaucoup de mémoire. Pour faire fonctionner la translation en braille et la synthèse vocale, il faut un logiciel capable de transférer l'information de Windows aux outils spécialisés rattachés à l'ordinateur. VIRGO et surtout DJOSE sont des logiciels d'adaptation acceptables.
L'association reçoit une demande de plus en plus forte de formation ouverte et à distance sur Internet. Ce type de service nécessite que l'apprenant à distance maîtrise déjà tous les outils précédemment évoqués. Si les courriers électroniques sont adaptables à un public malvoyant à partir de postes informatiques spécifiquement équipés, les sites Internet sont rarement accessibles. Chaque page de chaque site comporte en effet des éléments qui sont ou ne sont pas transposables. On peut tout à fait former un déficient visuel à Internet Explorer 4 ou à Netscape mais sans garantir qu'il pourra accéder à tous les contenus véhiculés.
Pour les personnes handicapées engagées en formation continue, l'association prend en compte les systèmes installés dans la société, même si ce ne sont pas les plus performants dans leur version d'adaptation aux déficients visuels. La collégialité du travail doit être respectée pour que l'apprenant partage les mêmes références que son équipe et puisse échanger avec elle des informations. Les contraintes particulières à une entreprise sont donc prises en compte, dans la mesure du possible, compte tenu de l'évolution des techniques.
Dans le public, une responsable du personnel de la SNCF souligne l'absurdité de ces interfaces qui différent d'un logiciel à l'autre, exigeant des utilisateurs, handicapés ou non, une perpétuelle formation. Cette situation a peu de chance d'évoluer un jour, intervient M. JACQUET, car elle découle de la guerre économique que se livrent les navigateurs entre eux, sans répit et au détriment du confort d'utilisation de leurs clients. La loi du marché est également responsable du peu d'enthousiasme qu'ont les informaticiens à développer des outils informatiques spécifiquement adaptés aux déficients visuels. Heureusement, le mouvement général va dans le sens d'une importante simplification, qui profitera aussi à cette catégorie du public. La future version de Windows sera vocale !
A la demande de Mme O'FARRELL, M. VALIENTE formule les attentes de l'association vis à vis de l'informatique : miniaturisation, baisse des coûts et surtout prise de conscience des développeurs et des entreprises. Sans eux et sans cela, le monde de la formation restera fermé à une partie de la population qui en a le plus à attendre...
M. JACQUET s'insurge contre cette société sclérosée par la loi du marché et qui ne peut que formuler des messages d'espoir ou des incantations pour que les déficients visuels aient un jour la possibilité de s'intégrer. Il faut exiger un développement rationnel et humain de l'informatique, au niveau européen et même mondial.
M. VALES présente un documentaire (réalisé par M. SAGOT) sur l'expérience menée par les 3 Suisses à Lille d'une plate-forme de télévente et de téléconseil, adaptée spécialement pour les personnes handicapées visuelles. Dans ce secteur d'activité, en s'équipant, l'intégration de malvoyants n'a posé aucun problème. Le partenariat avec FLORE-Atelier, les financements AGEFIPH et l'aide de l'école ERDV, ont été essentiels pour mener à bien cette expérience. Philippe, premier employé déficient visuel des 3 Suisses-Lille Olympique, témoigne. Au tout début, il a été mis en double écoute avec un voyant qui prenait un appel sur deux ou les appels plus difficiles (clients sans numéro de clientèle). Au bout de six mois, il prenait déjà 80 % des appels et maintenant il peut se féliciter de résultats égaux ou supérieurs à ceux de ses collègues voyants. Puisque son chiffre d'affaire dépasse le chiffre d'affaire moyen des autres, on peut le juger sur les mêmes critères, attendre autant de lui. La véritable intégration est celle qui repose sur cette égalité des résultats. On sait maintenant qu'avec des équipements, une formation adaptée et certes plus longue (jusqu'à un an), une entreprise peut compter sur un personnel handicapé visuel aussi compétent et productif que le reste de l'équipe. Philippe exprime son bonheur d'être totalement intégré au monde du travail et d'avoir une réelle vie sociale.
L'entreprise a donc réalisé là un bon investissement, financier d'une part, mais aussi humain : l'expérience a enrichi tout le service qui est plus solidaire, plus ouvert et plus accueillant, en un mot plus citoyen. L'employé pionnier de cette aventure assure maintenant aussi la formation des handicapés visuels nouveaux venus. Sont concernés, sur le site Lille Olympique, deux non-voyants et deux malvoyants (pour un effectif total de 60 personnes), et sur l'ensemble de la France (pour les 3 Suisses), treize handicapés visuels. Dans un an, si les objectifs sont atteints, vingt-sept auront été formés et intégrés aux plates-formes de télétravail et télévente.
Dans l'assistance, une responsable de la Mission Insertion d'Air France témoigne des difficultés de sa société à trouver une interface qui rende accessible à des malvoyants son système de réservation à 4 fenêtres.
M. VALES confirme que la tâche n'a pas été simple non plus pour les 3 Suisses. Un chercheur en informatique a dû mettre au point une nouvelle interface car la première exigeait de l'utilisateur un effort de mémorisation et de concentration trop intense.
La responsable de la SNCF évoque l'expérience malheureuse de son entreprise dans ce même domaine. Mal conseillée sur les possibilités techniques, la SNCF a failli investir des sommes exorbitantes dans une interface qui ne fonctionnait que très médiocrement. La direction des grandes lignes, qui était opposée à l'intégration de déficients visuels, en a joué pour geler le projet.
M. JACQUET présente le GAIPAR. Cette association d'informaticiens a constaté combien le télétravail était un débouché essentiel pour les handicapés visuels. Elle a fait un deuxième constat : les handicapés visuels sont très généralement considérés comme inaptes au travail et l'employeur ne leur donne jamais l'opportunité de faire la preuve de leurs aptitudes. Il fallait trouver un moyen de contourner, d'éviter le regard péjoratif de l'autre, du voyant. Elle a alors décidé de démarcher les grandes entreprises afin d'obtenir des contrats de prestation de service (dépannage informatique à distance, traduction etc.) où faire travailler des déficients visuels. Cette spécificité ne concernant que la société qui assure la prestation, il n'est pas nécessaire d'avertir les sociétés clientes, ce qui susciterait infailliblement la levée d'une certaine méfiance. L'idée est bonne, mais elle exige rigueur et lucidité:
- Rigueur. Le déficient visuel doit être à la hauteur de la chance qu'on lui donne. Le GAIPAR a mis en place une formation au télétravail pour handicapés visuels, composée de quatre modules : l'autonomie par l'ordinateur et les réseaux, bureautique-secrétariat-comptabilité, langue anglaise, et communication (parfaite expression requise). Un GRETA assure le dernier module de cette formation en sous-traitance. Le cycle dure deux ans et concerne en moyenne dix personnes.
- Lucidité. Le déficient visuel ne peut pas accomplir à l'identique toutes les tâches des voyants. Il faut faire travailler les personnes selon leurs compétences et leur rendement. Ceci vaut pour les handicapés comme pour tout salarié d'ailleurs. Ainsi une société de maintenance informatique à distance auprès des gestionnaires a embauché un apprenant du GAIPAR pour dépanner les ordinateurs dans la plupart des cas. Pour les pannes trop complexes qui ne sont pas de son ressort, un spécialiste prend le relais.
M. JACQUET attire notre attention sur un aspect décisif de l'intégration du déficient visuel par le télétravail : la socialisation. On ne doit surtout pas concevoir le télétravail comme une activité à domicile. La solitude est le seul vrai handicap. Les télétravailleurs du GAIPAR sont salariés de l'entreprise cliente et travaille à distance mais dans un télécentre réservé à cet usage.
Mme SIMARD présente le centre de formation Paul GUINOT et l'étude qu'il a menée dans le cadre du programme ADAPT sur l'informatisation des cabinets de kinésithérapie pour les praticiens déficients visuels. Cela a passé par la nécessité de fédérer tous les acteurs handicapés visuels du secteur kinésithérapeutique (répondant au sigle ENKRHV). Le projet Sésame a initié une réflexion plus pointue sur l'adaptation de l'informatique à la déficience visuelle et sur l'adaptation du déficient visuel à l'informatique. Au delà de l'obligation légale, se trouvait la formidable opportunité d'offrir une plus grande autonomie aux kinésithérapeutes déficients visuels. L'association Paul GUINOT a d'abord fait circuler un questionnaire sur les besoins spécifiques du kinésithérapeute mal ou non voyant. Il est actuellement à l'étude. Elle s'est ensuite livrée à un recensement des logiciels de kinésithérapie agréés "Carte Sésame". Une grille d'analyse a été mise au point et les tests ont pu commencer. Sur les 78 logiciels en vente, seuls 18 ont reçu pour l'instant l'agrément de l'association et de Sésame, dont VEGA, EOVITAL, CAMILLE KINEMAX et KINEPRAT. L'association a également en charge l'adaptation des logiciels à la déficience visuelle (version vocale etc.).
En conclusion, Mme O'FARRELL souligne la bonne volonté, le courage et la ténacité dont font preuve les déficients visuels dans le seul but de s'intégrer. La défiance systématique de l'employeur constitue désormais leur principal handicap. Aux voyants de jouer à présent !
Rédaction : Juliette FOUILLAND - FFFOD
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