Conférence 14h30 à 16h30
Temps de formation/temps de travail : les nouvelles configurations
Intervenants : Bernard Blandin, Senior consultant, Cesi
Hubert Bouchet, UCI-FO
Hervé Pophillat, Fédération PME
Pierre Vial, UCC-CFDT
Animatrice : Chantal Attané, rédactrice en chef du journal Entreprise Formation
Pour Bernard Blandin, il y a deux moteurs dusages des technologies :
Pour les PME, selon Hervé Pophillat, la formation est une idée neuve. Une évolution de la législation simpose, car la Loi de 1971 retirait le droit de décision à la formation des chefs dentreprises. Il y a actuellement une tendance à séparer la formation des salariés de celle des chefs dentreprises, qui se forment en dehors du temps de travail. De plus lenseignement à distance ne peut pas être pris sur le budget de la formation professionnelle de lentreprise, ce qui est regrettable puisque 25% des chefs dentreprise sont connectés sur Internet.
Pour Hubert Bouchet, un nouveau schéma simpose dans lequel toutes les activités sont soumises à des travaux intellectuels, et ayant les caractéristiques suivantes :
Pour Pierre Vial , la formation permanente offre une deuxième chance. La formation initiale ne peut assurer la qualification de la totalité dune carrière. Si, dans la logique de la promotion sociale et lévolution du monde du travail, il est indispensable de valider les compétences, les nouvelles technologies ne permettent hélas pas encore de le faire seul. Pour quune action de formation puisse se faire, il faut que les objectifs et les moyens mis en oeuvre soient encadrés ; on ne peut pas, par exemple, donner des cédéroms à un apprenant et sattendre à ce quil se forme tout seul. Les nouvelles technologies éducatives (NTE) apportent un côté ludique à la formation, et augmentent ainsi le plaisir que lon a à se former. Nous constatons quelles permettent aussi un souplesse dans le temps et dans lespace. Et nous sommes loin den connaître toutes les arcanes.
Il ne faut surtout pas occulter limportance de lintervention humaine : " un fax ne remplacera jamais une poignée de main ".
Hervé Pophillat indique que 80% des chefs dentreprises sont autodidactes. Il y a lieu de sinterroger sur les nouvelles techniques de travail. Le télétravail peut être plus actif que de nombreuses séances en séminaire et que beaucoup de stages, mais il manque la dynamique de groupe : le travail de groupe est plus important que le rôle du formateur. Quant aux diplômes, ils ont leur valeur, mais il ne faut pas oublier quil y a 30.000 cadres diplômés à Paris, qui sont actuellement en recherche demploi...
Pierre Vial pense que la partie plus ludique de la formation, celle associée au plaisir, se fera hors du travail. Il faudra donc trouver un meilleur équilibre entre le temps de travail et le temps des loisirs, et ce dautant plus que les NTE sont chronophages. La réduction du temps de travail doit dégager plus de temps pour se former, elle permettra aux cadres délargir leurs compétences.
Hubert Bouchet fait le parallèle entre se former et soccuper de sa santé : on soccupera de sa formation en permanence comme on soccupe de sa santé, cest-à-dire 24h/24 et non 8h/24.
En 1968, les salariés pensaient que la formation simposerait comme lassurance maladie et que la Loi de 1971 sur la formation répondrait à cette attente. Cependant, Hubert Bouchet estime que " les salariés ont été rendus cocus par cette mesure " car la formation a été détournée au profit des entreprises. Le Congé Individuel de Formation est la seule concrétisation des espérances et réclamations des salariés dans ce domaine.
Un participant dans la salle fait valoir lexpérience de la Bibliothèque Nationale de France, où le temps de travail est de 37 heures et demi. Par contre, il est interdit de se former autrement que sur les sujets liés à lactivité du service.
Hervé Pophillat conclut sur un avis " non-syndical ", en suggérant que les 35 heures de travail soient accompagnées de 4 heures de formation par semaine. La formation devrait devenir totalement inhérente à la configuration de la société.
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