Atelier de 10h30 à 13h00

Le rôle des tuteurs

Animateur : M. Bernard Lecat, responsable du projet européen au CESI d’Ile de France (organisme de formation d’ingénieurs par alternance)

Présentation de TUTEURFORM, un système développé par le CESI et adaptable à tous les secteurs d’activité et quelque soit le niveau des tuteurs.

La formation intègre l’alternance de situations pédagogiques en groupes (en temps réel et à distance, grâce aux téléréunions) et l’accompagnement individualisé à distance. Sa démarche est d’apporter des réponses personnalisées adaptées au profil de chaque tuteur et ceci dans n’importe quel domaine de l’activité professionnelle.

Les objectifs de la formation sont définies comme suit : chaque tuteur-apprenant doit pouvoir acquérir et développer les capacités à repérer son rôle et celui des différents acteurs de l’entreprise impliqués dans la fonction tutorale, mais aussi à organiser et gérer la formation de terrain, motiver et accompagner le stagiaire et évaluer sa progression.

Le système comprend un test d’entrée (" Tutortest ") pour pouvoir apprécier les acquis pédagogiques du tuteur, un logiciel d’auto-diagnostic (" la boussole ") déclinant 120 situations de pratique tutorale courante, et enfin un manuel de conseils (" Guide ") capable d’alimenter la réflexion du tuteur et de lui fournir des outils pratiques pour accompagner la formation de son stagiaire.

Ainsi, à l’issue de cette formation, le tuteur se sera vu offrir la possibilité de développer ses capacités à communiquer sur ses différentes missions, ses capacités d’écoute et son potentiel formateur dans des situations de travail...

 


Conférence de 16h00 à 18h00

Le rôle des tuteurs

Intervenants : Mr Bernard LECAT, Chef de projet senior au CESI, responsable de la formation des tuteurs

Et par visioconférence de POITIERS :

  • Mr Jean Luc MOREAU, Ingénieur au CESI, Poitiers
  • Animatrice : Mme Sally O’FARRELL, vice-Présidente du Forum Français pour la Formation Ouverte et à Distance (FFFOD)

    M. Jean Luc MOREAU et M. Bernard LECAT présentent l’historique du " tutorat " qui est très ancien puisqu’il remonte au compagnonnage. Il a été remis au goût du jour avec la création des Baccalauréats Professionnels, avec formation en alternance. Il est important aussi de souligner l’influence du modèle allemand qui a recours à ce système depuis très longtemps, notamment dans le système dual où le stagiaire effectue une partie de sa formation en école et une autre partie en entreprise. Ce système de formation par l’apprentissage nécessite en entreprise un suivi par un tuteur et le CEFIPA - Centre de Formation des Ingénieurs par l’Apprentissage s’en est beaucoup inspiré.

    Le tuteur n’a pas encore de statut particulier ni d’identité particulière ; il a par contre une expérience et des compétences spécifiques. Ce qui lui manque en général, c’est une formation spécifique à sa fonction de tuteur.

    Il existe aujourd’hui une forme de " tuteur externe " à l’entreprise qui connaît un certain succès, il s’agit du " coaching ".

    Comment définir un tuteur ? M. Majchrzak, directeur de l’IDAIC, explique que la première mission du tuteur est l’accueil dans l’entreprise. Il assure aussi la liaison entre l’organisme de formation et l’entreprise. Il existe aussi un tuteur pédagogique au niveau de l’organisme de formation. Il faut enfin distinguer la notion de tuteur opérationnel qui va suivre le stagiaire sur le " tas " comme dans le compagnonnage, du tuteur hiérarchique qui gère le service dans lequel travaille le stagiaire.

    Les tuteurs sont choisis avec soin, ils doivent avoir des compétences professionnelles mais aussi avoir des qualités relationnelles. Ces tuteurs aspirent à une certaine reconnaissance. Ils consacrent en effet un temps important à leur fonction de tuteur et ne sont pas rémunérés pour cette fonction particulière. Ils doivent non seulement suivre le jeune mais aussi participer à des réunions et remettre des rapports. Ils participent dans certains cas à un jury d’examen. Cela représente donc une charge importante. Le bénéfice qu’ils en retirent se situe souvent au niveau promotionnel dans leur entreprise.

     Le tuteur peut être considéré comme un sous-traitant ou un co-traitant de l’organisme de formation mais sa mission principale est d’intégrer le jeune dans l’entreprise.

    Le tuteur a aussi une mission d’évaluation et d’accompagnement, une fois la formation terminée. Le plus important pour que le système fonctionne bien est que la relation triangulaire, Tuteur-Entreprise-Organisme de formation, soit la plus parfaite possible.

    Il existe plusieurs outils pour former les tuteurs qui utilisent les nouvelles technologies éducatives. Suit une présentation par M. B. Lecat de " TUTEUR FORM ", système de formation ouverte et à distance adaptable à tous les secteurs d’activités.

    Le système est mixte en ce sens qu’il comporte une partie individuelle (en distanciel) et une partie en groupe (en présenciel).

    Huit grandes missions sont proposées dans le logiciel et le tuteur peut naviguer dans le logiciel à son gré. La durée totale de la formation est d’environ 40 heures (25 et 30 heures en autoformation et le reste en travail de groupe). Le système peut être utilisé en amont (avant le tutorat) ou au cours de l’action du tuteur. Le logiciel se présente en partie sous forme de questions auxquelles le tuteur doit répondre, ensuite, le logiciel analyse les réponses et fournit les résultats. Le logiciel se présente sous forme de disquettes remis aux tuteurs.

    Il existe d’autres produits multimédias pour la formation des tuteurs et la technologie évolue très vite.

    Le bilan de " TUTEUR FORM " est positif car il permet d’abord tout un travail en autoformation qui évite les déplacements. " TUTEUR FORM " est aussi un outil qui permet à chaque tuteur de se poser des questions, de réfléchir à certaines problématiques et surtout de se remettre en cause.

    Il faut aussi noter que l’outil a déjà connu certaines modifications pour tenir compte des remarques des utilisateurs. La rencontre des tuteurs entre eux : " la chaîne des tuteurs " a permis aussi de faire évoluer les concepts. L’échange d’expériences est toujours très bénéfique. Certains problèmes demeurent cependant comme par exemple les relations entre l’organisme de formation et l’entreprise qui exigent une certaine astreinte pour cette dernière.

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