Présentation du 03/12/98

Outils de contrôle de présence

et moyens de facturation de la formation ouverte et à distance

 

- Mme Sally O'FARRELL, vice-présidente du FFFOD

- M. Daniel DUTHIL, président de INTERDEPOSIT, ONG Suisse, consacré au respect de la propriété intellectuelle

Mme O'FARRELL présente les différents moyens technologiques mis (partiellement) au point pour identifier les apprenants à distance, pour vérifier la présence d'élèves en télé-enseignement. Cela constituait jusqu'à récemment un frein technique important à la reconnaissance et à la validation de ce type de formation.

On distingue trois moyens de contrôle, encore en expérimentation : la carte à puce, un peu sur le modèle de la carte Sésame à la Sécurité sociale, l'empreinte digitale (par Keytronic) et la reconnaissance de l'iris (IriScan). Ces deux derniers outils concernent la science de la reconnaissance de l'individu, appelée "biométrie".

La carte à puce fonctionne avec un code, connu en principe du seul utilisateur, qui en garantit l'identité, mais rien ne peut l'empêcher de prêter sa carte et de vaquer à d'autres occupations...

Keytronic propose des scanners, capables de reconnaître les empreintes digitales, intégrés à l'ordinateur (à gauche du clavier) ou à part. Les lignes du doigt sont digitalisées, enregistrées sur la machine et fournissent une preuve de la présence d'un apprenant déjà identifié. Ce système est actuellement expérimenté par la Sécurité Sociale, et aux USA pour le paiement des droits de chômage. Tout est lié à l'utilisation du logiciel d'exploitation. Le scanner en lui-même (sans le logiciel) ne coûte que 150$. Keytronic ne fournira que le matériel. L'expérimentation n'est pas encore assez avancée pour passer à la phase de pilotage.

La reconnaissance de l'iris offre une fiabilité encore supérieure à celle de l'empreinte digitale, et à peu près égale à celle de l'ADN. IriScan (system 2100) est le fournisseur aux USA. Son système ne serait pas près avant cinq ans, pour une utilisation très large, compte tenu des coûts. Il faut en effet compter 10 000 FF par station de travail, mais logiciels compris, et sans limitation du nombre de personnes à reconnaître. Une sorte de micro sert à identifier l'iris de l'individu, très rapidement. On est loin d'une phase de pilotage réelle, assimilable à un système de reconnaissance. La carte à puce reste le système le plus accessible, le plus techniquement au point, mais pas le plus fiable, loin s'en faut...

M. DUTHIL évoque les différents systèmes de veille intervenant lors de la formation. Des questions très personnelles sont subitement incluses dans le corps du module. Cela permet, à partir des renseignements pris lors de l'inscription et collectés sur une base de données, d'identifier la personne, sans s'immiscer dans sa vie à son insu. Des systèmes de télésurveillance comme IriScan posent effectivement le problème législatif important de respect des libertés fondamentales. Car on peut trouver dans la trace digitale de l'iris des informations nombreuses sur la santé, par exemple. Il faut prendre garde à ne pas instaurer un contrôle insupportable sur les individus, même en partant des intentions les meilleures.

Effectivement, reprend Mme O'FARRELL, il s'agit de déterminer en amont quel type de contrôle il convient d'appliquer à la formation. Le législateur devra donner des directives précises à ce sujet, afin que les organismes sachent dans quel sens aller.

Depuis la Martinique, on se demande si la caméra ne suffit pas à vérifier la présence de l'apprenant. C'est bien sûr une possibilité, répond Mme O'FARRELL. Par exemple à Lille, le programme AFI par l'ILEP utilise des visio individuelles intégrées. On sait aussi qu'aux USA, 20 à 30 % des ordinateurs sont vendus avec caméra... Ceci dit, un formateur ne connaît et ne reconnaît pas forcément l'ensemble de ses stagiaires. M. DUTHIL évoque l'existence de dispositifs sophistiqués, qui permettent d'enregistrer les tics, les accents, la prononciation d'une apprenant. Les outils et les moyens technologiques existent. Reste à garantir la liberté individuelle. On n'a pas le droit par exemple de filmer quelqu'un à son insu, ni de conserver les bandes. Pour les visio-cours, CITCOM avait pensé tenir à la disposition des contrôleurs des vidéos, mais la loi n'autorisait pas ce type de dispositif.

Les sites Internet de Keytronic et de IrisCan (en américain) donnent tous les renseignements complémentaires.

Adresses : http://www.iriscan.com et http://www.keytronic.com

Rédaction : Juliette FOUILLAND - FFFOD

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