Atelier de 10h30 à 13h00

Les métiers techniques : intégrer les nouvelles techniques dans la formation

Animateur : Sylvain Mollière, AFT-IFTIM

La tradition veut que les métiers techniques s’apprennent " sur le tas " par observation et mimétisme. Cet atelier montre, à travers un exemple concret, que certains éléments de formation technique peuvent être enseignés en s’appuyant sur un support audiovisuel interactif ; et c’est notamment le cas des données théoriques, essentielles pour étayer une pratique... Sylvain Mollière a ainsi présenté un cédérom, créé à l’intention des employés d’entreprises de transport et de la logistique, portant essentiellement sur les transports multimodaux.

La finalité principale de ce cédérom est de servir d’outil, et en tant que tel de pouvoir s’intégrer harmonieusement à la démarche pédagogique d’enseignants de nombreux cursus de transports, tels que BEP Agent du Transport, Bac Pro Logistique et Transport Option Exploitation des transports et BTS Transport. Il peut être utilisé de plusieurs manières et s’adapte aux différentes étapes de la formation :

- en début de formation pour présenter les différents modes de transport et les matériels utilisés ;

- en cours de formation pour mettre en évidence certains aspects techniques comme par exemple : les essieux relevables, le sélecteur du chronotachygraphe, les coins ISO des conteneurs, le lettrage des parois du pont principal des avions cargo,...

- en fin de formation pour apprécier les acquis des apprenants en terme d’identification des matériels, compréhension de leurs spécificités et de leur utilisation, leurs caractéristiques...etc.

Enfin, il faut noter que ce cédérom s’appuie sur la dynamique de 150 clichés répartis sur 5 modes de transport de fret : le transport routier, le transport ferroviaire, le transport aérien, le transport maritime et le transport fluvial.

 


Rencontre-débat de 16h à 18h

Enseigner les métiers techniques à distance

Intervenants : Sally O’FARRELL, vice-présidente du forum pour la formation ouverte et à distance (fffod)

Aujourd’hui, avec l’évolution des nouvelles techniques informatiques, il est possible de former aux métiers techniques sans aller directement sur le terrain et en ralentir la productivité : les simulations sur ordinateur mettent l’apprenant en situation et testent ses connaissances et ses attitudes en action. Cela nécessite néanmoins de gros moyens, à savoir au bas mot trois millions de francs pour un simulateur de conduite de camion. Mais certains organismes comme AFT-IFTIM (Institut de formation dans le domaine du transport et de la logistique), AFPA et EDF-GDF, ont estimé que c’était rentable et s’en sont équipé.

La difficulté principale réside dans le décalage entre le niveau du public à former et la valeur des outils employés : les apprenants concernés n’avaient pas accès à ce type de matériel de haute technologie et doivent s’y adapter, mais surtout l’entreprise doit se familiariser à l’idée d’investir dans ces produits pour leur formation et de les leur confier... !

On peut tout de même noter que les progrès dans ce domaine sont rapides dans les entreprises de transport, tant pour l’équipement en micro-ordinateurs que pour la connexion à Internet (10 % en1996 et plus de 50 % en 1998)

Les formations peuvent aussi s’effectuer en centre de formation mais suivant une configuration différente.

La tendance actuelle privilégie de plus en plus le cédérom pour ce genre de formation, comme c’est le cas pour le simulateur de conduite de poids lourds ici présenté. Pour sa conception, cinq partenaires ont été nécessaires :

- un expert en réalité virtuelle (Suédois)

- un expert en matériel roulant (Renault)

- un expert en simulation (Thomson)

- et un expert en pédagogie (ici deux organismes de formation)

Au niveau pratique, il est nécessaire de prévoir une demi-journée de préparation pour les stagiaires afin de les initier à ce type de formation et de leur expliquer ce qu’est un simulateur. Ils ont ensuite des exercices et sont notés sur leurs résultats. Le maximum de situations est prévu, y compris les accidents qui sont recréer dans le monde virtuel. L’un des avantages majeurs, d’ailleurs, est de pouvoir créer des situations qui se présentent assez rarement en conditions normales ou du moins pas à la demande : on peut tout à fait former l’apprenant à parer les difficultés dues au verglas ou à une tempête de neige, en plein mois d’août ! On peut également créer sans danger des situations très dangereuses comme le dépassement d’un véhicule encombrant, un accident de la route... Les stagiaires sont très positifs, voire enthousiastes. En complément, des séances en face à face sont nécessaires, en particulier sur les temps de conduite. Prochainement, les simulateurs seront transportables en camion d’entreprise en entreprise.

L’efficacité et l’intérêt de cette formation par rapport à la formation traditionnelle ne fait plus de doute...

Les difficultés et les questions : l’extension de ce type de produit à l’enseignement à distance, via Internet, la visio-conférence est-elle concevable ? Faut-il un formateur ? Pourrait-on développer l’ergonomie de ces machines au point de laisser ce type d’apprenant les utiliser de façon tout à fait autonome ?

Finalement, constatent les participants, si depuis 5 ou 10 ans, les progrès techniques en matière de formation sont considérables, c’est au niveau pédagogique que l’enseignement avec support multimédia est en retard : apprendre à apprendre reste le plus difficile, la difficulté que les apprenants ont à se motiver en est le gage le plus sûr.

En conclusion, M.Gérard Thery, ancien président de la Cité des sciences et de l’industrie, et concepteur du minitel, pense que la technique évolue vers une transmission instantanée du texte mais aussi de l’image et du son (Internet à haut débit). Cela révolutionnera complètement nos habitudes dans les années à venir. Les réseaux à haut débit comme " Cité, cœur de réseaux " vont permettre une plus grande flexibilité au niveau technique et une interactivité jusque là inconnue dans le domaine de la formation en général et des métiers techniques en particulier. Mais c’est en dernier ressort au public qu’il conviendra de décider du succès de ce type de technique : sa motivation sera, comme elle l’a toujours été, le meilleur des tests, la preuve absolue qu’il s’est approprié ou non ce nouvel outil.

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